Au Portugal, on trouve du glyphosate en vente libre dans des coopératives agricoles, des magasins de fournitures rurales et même en ligne. La facilité d’accès donne l’impression que l’achat est anodin. Pourtant, la réglementation portugaise impose des vérifications précises avant toute transaction, et un produit exposé en rayon n’est pas forcément utilisable dans votre situation ni dans votre pays de résidence.
Autorisation nationale DGAV : le document que personne ne vérifie
L’Union européenne a renouvelé l’approbation du glyphosate comme substance active. On pourrait en déduire que tout produit à base de glyphosate est automatiquement légal au Portugal. C’est faux.
Chaque formulation commerciale (la marque, la concentration, les coformulants) doit obtenir une autorisation de mise sur le marché délivrée par la DGAV, l’autorité phytosanitaire portugaise. Un produit peut contenir du glyphosate approuvé à l’échelle européenne et ne pas disposer de cette autorisation nationale. Sans elle, la vente est illégale et l’utilisation expose à des sanctions.
Concrètement, on cherche le numéro d’autorisation portugais sur l’étiquette du produit. Ce numéro confirme que la formulation précise a été évaluée et validée par la DGAV. Si le vendeur ne peut pas le fournir, ou si l’étiquette ne mentionne qu’une autorisation d’un autre pays européen, le produit n’est pas conforme pour une vente sur le territoire portugais.
Avant de passer commande, il reste pertinent de consulter un guide dédié pour acheter du glyphosate portugal en vérifiant chaque point réglementaire.

Certification phytosanitaire au Portugal : qui peut acheter légalement
Le cadre portugais distingue nettement les utilisateurs professionnels des particuliers. En France, la vente de glyphosate aux particuliers est interdite depuis la loi Labbé. Au Portugal, l’achat professionnel est conditionné à une certification phytosanitaire délivrée après une formation à la manipulation des produits phytopharmaceutiques.
Cette certification n’est pas une formalité administrative optionnelle. Les points de vente agricoles portugais sont tenus de la demander. Elle atteste que l’acheteur connaît les règles de dosage, les délais avant récolte, les distances de pulvérisation par rapport aux cours d’eau et les obligations de stockage.
Ce que couvre la certification portugaise
- La formation porte sur l’identification des risques pour la santé et l’environnement liés aux produits phytopharmaceutiques, pas uniquement au glyphosate
- Elle est encadrée par le décret-loi portugais n.º 101/2009 et ses modifications successives, qui transposent la directive européenne sur l’utilisation durable des pesticides
- Le certificat a une durée de validité limitée et doit être renouvelé, ce qui implique de suivre des sessions de mise à jour
Un acheteur français qui se rend au Portugal pour acquérir du glyphosate doit comprendre que présenter une certification française (le Certiphyto) ne garantit pas l’acceptation par un vendeur portugais. Les retours varient sur ce point selon les enseignes et les régions.
Glyphosate acheté au Portugal et utilisé en France : le piège réglementaire
C’est le scénario le plus fréquent et le plus mal compris. On achète un bidon de glyphosate au Portugal, on le ramène en France pour traiter un terrain agricole ou une parcelle en friche. Le produit était légal à l’achat, donc il semble logique de l’utiliser chez soi.
Un produit autorisé au Portugal n’est pas automatiquement autorisé en France. Chaque État membre délivre ses propres autorisations de mise sur le marché. Un glyphosate 360 g/L vendu légalement à Lisbonne peut très bien ne pas figurer dans le registre français géré par l’ANSES. L’utiliser sur le territoire français sans autorisation nationale constitue une infraction.
Ce mécanisme s’applique dans les deux sens. Un produit autorisé en France ne l’est pas forcément en Espagne ou en Belgique. La substance active (le glyphosate) peut être approuvée à l’échelle de l’UE, mais chaque formulation commerciale suit un circuit d’autorisation pays par pays.
Les vérifications à faire avant d’utiliser un produit importé
- Rechercher le nom commercial exact du produit dans la base de données e-phy de l’ANSES (pour la France) ou dans le registre équivalent du pays de destination
- Comparer la concentration en substance active et les coformulants : deux produits peuvent porter des noms proches mais avoir des compositions différentes
- Vérifier que les usages autorisés correspondent à votre situation (grandes cultures, arboriculture, zones non agricoles), car une autorisation peut être restreinte à certains types de parcelles
- Conserver l’étiquette originale et la facture d’achat, qui servent de preuve en cas de contrôle

Étiquetage et concentration du glyphosate 360 : lire avant d’acheter
La concentration la plus courante dans les produits vendus au Portugal est le glyphosate 360 g/L. Ce dosage correspond à la formulation historique, celle que la plupart des agriculteurs européens connaissent. On la retrouve sous des dizaines de marques différentes, ce qui complique la comparaison.
Sur l’étiquette portugaise, plusieurs éléments méritent une attention particulière. Le numéro d’autorisation DGAV doit figurer de manière visible, accompagné de la mention du titulaire de l’autorisation. Les pictogrammes de danger et les phrases de risque (mentions H et P) doivent être rédigés en portugais, ce qui confirme que le produit est bien destiné au marché local et non réimporté d’un pays tiers.
Un produit dont l’étiquette est uniquement en anglais ou en espagnol, sans traduction portugaise, signale soit une importation parallèle non régularisée, soit une contrefaçon. Dans les deux cas, la prudence commande de ne pas acheter.
Le glyphosate reste l’herbicide le plus utilisé dans le monde et son cadre réglementaire évolue à chaque renouvellement d’autorisation européenne. Vérifier l’autorisation nationale, la certification de l’acheteur et la conformité au pays d’utilisation constitue le triptyque minimal avant toute transaction. Ignorer l’un de ces trois points expose à des sanctions, mais aussi à l’utilisation d’un produit potentiellement non conforme aux normes de sécurité en vigueur.



